L'interview de la Semaine : Moon
Mois Spécial Chromaa
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Bonjour à toutes et à tous !
Dans le cadre de mon partenariat avec Chromaa, festival des artistes du cinéma, de l’édition et du jeux vidéo, qui aura lieu à Nantes les 23 et 24 mai prochains, je vais consacrer plusieurs newsletter à cet événement fantastique, qui réunira une partie de la crème de la crème de l’illustration et du concept art.
Dernière newsletter spécial Chromaa, avec pour finir en beauté l’interview de Moon, l’artiste nantais qui a réalisé l’affiche de l’événement ! Je suis un grand fan de cet artiste, dont vous pourrez trouver la plupart des artbooks chez mes amis des éditions Caurette. Un grand merci à lui d’avoir accepté de répondre à mes questions. Pour ma part, je serai sur place à Chromaa sur le stand Caurette, et je posterai des photos sur l’instagram de Geek-Art pour celles et ceux qui n’ont pas pu venir !
Force à la Création !
Thomas

Moon : l’interview
Tout d’abord, pourrais-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ? D’où viens-tu, où travailles-tu… Et comment es-tu tombée dans l’illustration ?
Bonjour ! Je m’appelle Olivier Menanteau, plus connu sous le pseudonyme de Moon (@moon_mxtr), je suis un artiste Nantais originaire de La-Roche-sur-Yon. C’est là-bas quand j’avais 15 ans que j’ai découvert et commencé à pratiquer le graffiti. Après quelques années en autodidacte j’ai suivi une école d’art. Ça m’a amené à être graphiste puis ensuite prof de design graphique tout en continuant à peindre des murs et continuer l’illustration.
Comment décrirais-tu ton univers graphique ?
Dur de décrire mon univers graphique, je le vois comme quelques chose d’hybride, organique ; à la frontière entre l’illustration, la peinture, le graff et la BD.




Comment as-tu réussi à le « trouver » et dans quelles circonstances tu t’es dit : « ça y est, je veux faire ça toute ma vie » ?
On m’a souvent posé cette question. Pour trouver un style graphique il faut le chercher, or je n’ai jamais vraiment eut ce but. Mon style est ce qu’il est aujourd’hui surtout par l’accumulation et l’hybridation d’inspirations diverses. Je pense que c’est ce qui en fait sa singularité.
Je n’ai pas eu de moment précis où je me suis dit que je voulais faire ça toute ma vie. Je pars du principe que tant que ça m’apporte du plaisir et que j’ai envie je continue. Parfois je me pose la question : ça fait environ 30 ans que je fais ça, est ce que je ne vais pas m’en lasser un jour ?
Heureusement je fais des choses suffisamment différentes : du graff, des illustrations pour mes artbooks, des collabs avec des marques, des agences, du concept art, du character design et d’autres que je dois oublier.
C’est un vrai plaisir de passer de l’un à l’autre et ça renforce mon envie à continuer de créer et de rester curieux.




Quel avis donnerais-tu aux jeunes qui ont envie de devenir illustrateur ?
C’est tellement délicat de donner une réponse à cette question. Chaque parcours est propre à chacun et ce qui a fonctionné pour moi ne marchera pas pour quelqu’un d’autre.
La période est totalement différente, j’ai commencé avant les réseaux sociaux, ensuite ces derniers mon énormément aider à me faire connaitre. Aujourd’hui, force est de constater que les algorithmes font la loi, que la visibilité n’est pas signe de qualité. Chercher à se battre contre eux est peine perdue. Je pense que même si ça reste encore un endroit où il est impératif d’être présent, le contact humain et chercher à developper un réseau à une échelle plus locale est (comme avant leur arrivée) tout aussi important.
C’est un peu bateau mais la curiosité, l’envie et le plaisir de dessiner ou de créer doivent être les motivations premières.
Quelle est ta vision du métier et de ses difficultés ?
J’ai un peu répondu à cette question dans ma réponse précédente mais je vais developper un peu plus.
J’ai vu pas mal de gens rester sur le carreau quand les algorithmes ont fortement évolués il y a quelques années. Beaucoup de gens avaient tout misé sur les réseaux, c’était un peu magique, ça donnait (et donne toujours) une vitrine sur le monde. Mais voilà, quand la visibilité sur le web s’effondre qu’est ce qui reste ?
C’est à ce moment là qu’on voit que c’est important de ne pas mettre tous ces oeufs dans le même panier. Avoir différents domaines d’activité me semble aussi important.
L’IA est sur toutes les lèvres et tous les réseaux. Je dois t’avouer que, de mon côté, c’est quelque chose que je déteste dans le milieu de l’art pour des raisons évidentes. Quel est ton avis sur la question ?
J’allais évoquer le sujet à la question précédente, l’IA pose de MULTIPLES problèmes d’ordre écologiques et éthiques. Mais je ne vais pas me lancer à lister tout ça ici. En ce qui me concerne je n’ai absolument pas envie de les utiliser car laisser mon cerveau imaginer des choses et utiliser mes mains pour les dessiner sont deux de mes activités favorites au monde. Partant de ce principe ce serait vraiment idiot de ma part de sacrifier tout ça en le confiant à une machine. Ce qui m’intéresse c’est développer mes aptitudes créatives, pas de gagner en productivité au détriment de tout un tas de chose.




Quelle est la pièce favorite de ton portfolio, et pourquoi ?
Ce serait 365 Squares vol.1 (recueil d’un dessin par jour pendant un an). C’est mon tout premier Artbook auto édité en 2015. Alors ce n’est pas juste une pièce et ce n’est même pas, graphiquement parlant, ce que je pense avoir produit de mieux mais ce livre est une grande fierté. Plus jeune, l’idée d’avoir mon travail imprimé et distribué était une sorte de Graal.
Il aura été un tournant dans mon parcours et cette année je vais publier mon 8e livre “Silence, a collection of visual tales” avec les Éditions Caurette !
Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Pas forcément dans l’ordre : la nature, la macrophotographie, les peintres préraphaélites, le cinéma d’animation, la fantasy en littérature, l’astrophysique, l’art nouveau, les jeux vidéos, le cinéma, la bande dessinée, la physique quantique, les costumes traditionnels et cosmogonies de différentes civilisations. Bref pas mal de choses et j’en oublie :)
Suivez Moon sur son portfolio en ligne, sur Instagram et sur Tumblr !










